LE JOURNAL - LE CANARD AGITE


Le Canard Agité est une revue éditée et mise en ligne par l’association Concerthau

Le Canard Agité N°6 - Décembre 2007

Sommaire

Vu de l’intérieur

Cultures du Coeur

La Belgitude
Jean-Pierre Verhagen

A la Manière de ...

Les activités de Concerthau

Misère, Misère

Le globe

Rédactrices en chef : Carole, Joe
Maquettiste : Laurent
Dessins : Alain Zarouati
Secrétaires : Betty, Shosha
Journalistes : Betty, Carole, Joe, Danièle, Claudette, Marie, Monique, Dominique, Shosha, Anne-Marie, Ikram, Kamal, Sakina, Farid, Ginou, Joe

 


 

 

 

 

 

 

Editorial

A ceux qui nous ont quittés

Aux trois du Conseil d'Administration, Nadège, Jacques et Adèle,
qui ont quitté le navire qui s'amarrait à l'île de Thau,
non sans avoir sauvé le bâtiment et son équipage,
nous voulons adresser ici un grand merci et les assurer de toute notre amitié. C'est toujours avec bonheur que nous vous retrouvons
aux détours de nos passions communes.


A ceux qui ont rejoint Anne, Nadine et Jean-Michel aux commandes du rafiot renfloué : André, Bernadette, Denis, Corinne, Noëlle, Jérôme et Roselyne,
nous souhaitons bon vent, sur une houle légère.
Et meilleurs voeux à tous !
L’équipage

 

 

 

 

 

 

 


Vu de l'intérieur

Cleptomane

Il faut tout dérober, tout voler, avaler, digérer. Il faut la page blanche, la première page du cahier tout neuf, jusqu'à la dernière.
Il faut l'encre d'or qui scintille sur l'eau, l'encre noire du visage d'un inconnu qui glisse furtivement sous l'immeuble.
Il faut voler encore, sans se retenir : des bribes de mots hachurés par le vent, qui viennent s'échouer sur la marge de la feuille.
Il faut laisser les points rivaliser avec ces interrogations, ces virgules, ces suspensions qui laissent la porte ouverte à toutes les respirations. Voilà, je suis déterminée à subtiliser jusqu'aux interlignes, jusqu'aux sauts de page, jusqu'aux silences entre les mots, entre ces mots des autres qui vont croiser les miens et se mettre à chahuter gaiement.
L'histoire commencera peut être, qu'importe les histoires pourvu qu'on ait la liesse !

Le butin est là, tout frais cueilli et maintenant, il attend comme le levain du boulanger qui regarde sa bûche de Noël avec mélancolie, en y piquant la branche de houx factice.
Trêve de plaisanterie, le recel des trésors de la langue n'est pas un délit tout de même !

Dominique


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Cultures Ô Coeur

Concerthau au Château d'Ô


Le 17 octobre : journée mondiale du refus de la misère. A Montpellier, Culture du Cœur soutenue par le Conseil Général et en partenariat avec des associations, a organisé une journée "Culture Ô Cœur": initiation et découverte de pratiques artistiques, pour des personnes en situation précaire.

" Comme l'on a imaginé une journée pour que les voisins se réunissent, alors qu'ils passent les 364 autres jours à se détester
ou à s'entendre, selon, il était bon de prévoir un moment de rencontre entre les êtres qui ne passent pas forcément 364 jours
à se méconnaître.
Le domaine d'ô nous ouvre ses portes, majestueux. ses allées encore endormies accueillent nos baskets colorées comme nos visages.
Une tasse de café, un jus de fruit, un biscuit, un carré de chocolat, et nous mettons nos pas dans les pas de Thibaut Cuisset, dont les photographies nous font regarder l'Hérault comme nous n'avons pas l'habitude de le voir. Rues de villages désertes, silence, les habitants font la sieste. C'est un homme de voyage et ses prises de vue respirent de lumières d'Afrique qui nous transportent tout naturellement vers l'atelier musical où la vielle à archet, à la résonance médiévale, se mêle aux rythmes andalous et africains, au rythme de nos battements de mains et de cœurs."

Ginou

Ateliers du matin


Les ateliers du matin libèrent, petit à petit, les groupes qui ont eu le plaisir d'acquérir de nouveaux savoir faire : Halima montre ses performances en calligraphie, Ginou et Béatrice sont ravies de la démonstration musicale et Yasmine a encore plein de rêves dans les yeux.
Un discours parle de culture mais aussi de précarité, de difficulté, autant de mots qui reviennent trop souvent aux oreilles des invités qui, ce jour-là auraient préféré oublier leur condition quotidienne pour goûter, à fond, ces instants précieux…
Les invités s'éparpillent et le buffet prend l'allure d'un gigantesque pique-nique, dans la lumière encore vive de cette journée d'automne.

Hamlet

C'est le spectacle. La Cie Bruitquicourt présente Hamlet ! Quoi ? Une pièce de Shakespeare, et pas la plus légère, une pièce qui parle de la mort, du sens de la vie, de crimes, de manigances, de folie est-elle la mieux choisie pour séduire un public néophyte, des enfants espiègles ?
A première vue, c'est plutôt difficile à avaler, non ? Mais cet Hamlet-là, celui de Luc Miglietta, Estelle Sabatier, David Rigal et Christophe Pujol, non seulement ne dure que 30 mn - comme le promet le titre, Hamlet en 30 mn - mais en plus, il devient une pantomime, un hommage, une clownerie qui permet à tous d'apprécier le texte francisé de Shakespeare. Les gosses rient aux larmes et marchent à fond, les adultes sont aux anges.

Atelier d'écriture

Nous sommes 12 à l'atelier mené par Claire.
Deux à deux, on se raconte des histoires : laquelle est vraie ? Laquelle est fausse ?
Changez de partenaires !
Face à face, on se tire le portrait. La complicité s'installe dans le groupe.
Changez de partenaires !
Deux à deux, il est temps maintenant de pénétrer mentalement dans l'autre. Le fou rire nous gagne ! Léon hésite. Pudeur, timidité… Betty l'asticote, il va commencer son voyage qui l'emmène dans son cœur…
Changez de partenaires !
Il s'agit alors d'écrire sur le dos d'une personne, pour en sentir la chaleur, les mouvements, les vibrations. De grandes feuilles sont déroulées.
Une araignée noire tache le mur blanc, nul ne s'en soucie, chacun gratte les feuilles blanches collées sur des dos dociles. Claire renverse des verres d'eau, elle en est à son troisième : elle a de longues jambes et des bras qui s'expriment.

Les souliers rouges

Voilà déjà un certain nombre d'heures que nous sommes à pieds d'œuvre. Je ne suis pas mécontente de glisser, pour cette dernière partie, mes pieds dans
" les souliers rouges "…
L'histoire, contemporaine au possible, se déroule dans la demi-obscurité d'un chantier sur fond de barrières. Deux jeunes femmes, chuchotantes ou criantes, nous livrent un texte sur le fil du rasoir où tout peut basculer d'un instant à l'autre… Le danger est palpable, grâce au jeu des actrices. Je suis, durant cette heure de représentation, suspendue aux espoirs et désespoirs des héroïnes .
Les Souliers Rouges ne sont pas une paire de pantoufles qu'on enfile aisément après une journée d'une telle intensité.


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La Belgitude

Bruxelles

La capitale d'un des plus petits états d'Europe a été choisie comme capitale de cet ensemble de pays créé pour rapprocher les peuples du continent et y éviter les guerres intra-européennes.
Bruxelles est une ville très cosmopolite qui symbolise à la perfection cette idée de rassembler les peuples, les faire se connaître, se rencontrer: l'idée d'ouverture sur l'autre.
D'ailleurs, la Belgique fut créée au XIXe siècle en assemblant deux peuples assez distincts: les Wallons et les Flamands.
Joli symbole!
Alors, que peut-on penser de leurs difficultés à vivre ensemble ?
De la quasi ségrégation imposée par certains extrémistes locaux ?
Plutôt que de jouer les oiseaux de mauvais augure pour l'Union Européenne, je préfère me dire que j'en sais trop rien, et apprécier la belgitude tant qu'elle existe.

Shosha

Démesures

Quel beau département, cette ville qu'est la Belgique !
La chaleur de la Belgique, son odeur avec les parfums de fleurs sauvages, animales.
Et voilà les Flamands qui s'accouplent, ces champs où hommes et femmes ramassent les feuilles de tabac, et batifolent dans les séchoirs.

Ces Belges, qu'est ce qu'ils peuvent être gros, ils se négligent et sont forts à table. Il faut les voir, quand ils mangent, dégustent les moules. La bière coule à flots ! Quelle bonne odeur ces frites qui craquent sous les dents et fondent dans la bouche ! Du début du repas jusqu'à la fin, ils s'empiffrent plusieurs fois de gaufres au chocolat.
Ce sont des goulus, avec leurs ventres ronds on dirait des tonneaux !
La musique résonne de l'autre côté des montagnes, quelle réussite avec cet accent qui se mélange aux échos, aux cris, aux hurlements de joie, de fête, de cette belle ville.

Marie

Trouver un nom … c'est épique

Parmentier souffrait d'une otite
Maladie honteuse et maudite
Le tubercule poussait vite
Et allait devenir un mythe

La pomme de terre était décrite
Mais sans nom, vraiment ça dépite
Dans l'huile la patate crépite
En robe des champs elle s'abrite
En purée parfois elle se délite
Et à la vapeur elle cuit vite

Trouver un nom de dynamite
A la patate raidie comme une bite
C'était vraiment comme une stalagmite

Parmentier se livra à des rites
Et même des messes furent dites
Il fit réaliser un audit
Pria quelques personnes érudites
De créer des notions inédites
Enfin, il eut une lumière subite
Il appela ces légumes des "frites".

Dominique

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Jean-Pierre Verhagen

Né le 6 juin 1942 à Gembloux, Belgique, d'un père français et d'une mère wallonne, Jean--Pierre Verheggen est un amoureux du verbe et des langues.

Les mots-valises, les lapsus volontaires, les calembours corrosifs, les logorrhées impertinentes, les insidieux détournements de sens abondent dans son œuvre. Chez lui, la polyphonie est crûment sensorielle : la connaissance par les tripes.

C'est un obsédé des saveurs. Du langage il traque les succulences secrètes, les épices ravageuses. Il les débusque dans les profondeurs du dire. Violentes ou suaves, il se les remonte jusqu'aux papilles. C'est là qu'il se les ensalive, mot à mot. Il croit en la toute-puissance du langage, à un corps verbal, encastré dans le charnel. Impossible de dissocier le Verbe de la Vie. L'écriture est de l'ordre de l'Ex-sistence et du pulsionnel, c'est un tourne autour du trou. Ecrire, c'est commencer par en baver. " La pensée se fait dans la bouche ", " C'est de la viande, la langue " .
Dans Le Degré Zorro de l'Ecriture, Divan le Terrible, Les Folies Belgères, Artaud Rimbur et Ridiculum vitae, Les aventures de Freud Astaire.

" Je suis votr'bibelot bouffon d'insanités sonores ! Votr'grand corps charcuté ! Je suis l'asticot qui vous bouffe le derche ! Qui vous boustifaille le caquet du jaculat et le caca de merde du zob cacatoès ! Je suis l 'enfant d'un inouï d'inhumés "

" Je suis votr'bibelot bouffon d'insanités sonores ! Votr'grand corps charcuté ! Je suis l'asticot qui vous bouffe le derche ! Qui vous boustifaille le caquet du jaculat et le caca de merde du zob cacatoès ! Je suis l 'enfant d'un inouï d'inhumés "

" Je crois, en effet en Dieu, le calembour, fiente du Saint-Esprit, et son Fils le contrepet, fruit des entrailles de notre Saint Siège Paraclet. Je crois en Cingalais, en Singalette et Sans Capote. Je plonge mes racines poétiques dans le plus beau des vers français. Je suis le fils de Minette et de Pasiphaë. Le fils de Minette et de Pasiphallus. Le fils de Minus et de Pasifallope. C'est mon entière trinité "

" Tout dire ! Tout parler ! Oser ! Tout écrire ! Tout sembler réussir pour mieux finir par tout rater ! Tout échouer et en rire ! Tout oser […]
Partez ! Embarquez-vous pour ne plus vous taire ! Prenez votre Navire Argot en désignant du doigt votre Toison pubienne ! Faites-vous la malle de Laurids Bridge ! […] Trouvez votre Ecuador ! Cherchez vos Chants de Michaux parmi ceux de Maldoror ! Grimpez sur le Rimbowarior ! Soyez Arthour de Babel ou Arthour Operator - fabuleux ! Partez, sans fabuler ! Courez, joyeux, à l'échec! Le monde est tailleur, coincé dans un costume-cuisine-trois-pièces trop étriqué ! "

A la manière de Verhagen

On fait souvent des rencontres au tournant d’une page : un poète, une écriture, un univers...
Et elles nous donnent envie d’aller au-delà de la lecture, au-delà de l’analyse, alors on prend la plume et on s’essaie sans cesse, histoire d’apprendre, de s’approcher, de faire comme...

Speculum, speculos, speculossi

Quand les poètes français misent sur le vers laine, les pouets pouets belges spéculent sur le vers Kaeren, et là ils tapent dans l’Emile !
Les gynécos belges spéculossi. Ils asticotent les bourses, introduisent l’action de leur speculum dans les vieilles vulves surannées de ces flamandes roses qui depuis longtemps n’ont plus cours.
Ils aiment à faire frottis frotta et à reluquer, en passant, les jolies moules de ces jeunes petites poulettes avec qui ils voudraient bien faire fritaille ou fricadelle à défaut de Congo.
Naturellement, vient un moment où ça les démange, alors ils se soulagent au water-zouil avec Hercule Poireau, Georges Simenon ou un navet.
Mais voilà, tous les Belges ne voient pas long.
Certains ne voient pas plus loin que le bout de leurs nénés à ces petites saucisses grillées, à ces gaufrettes blondes, à ces gueuzes à la peau de mayonnaise !
Il suffit d’ « une fois » et c’est l’erreur de diagnostic, « la mort subite du nourrisson ».
Il s’en suit toujours une mise en bière avec la famille, autour d’un parterre de fleurs en Plastic Bertrand, sur un requiem d’Annie Cordy que tous écoutent respéculosement.
C’est sûr, les poètes français, en deux mille soixante quatorze, feront toujours saliver avec leurs Paris Brest, pendant que les poètes belges, en deux mille nonante douze, se feront encore du fric avec les
« Tonnerre de Brest », leurs brelles et leur plat pays.

Les gynécos belges continueront de se faire des couilles en or avec leurs bites ou pipes en bois, comme vous préférez. Ils feront toujours un tabac. Et là encore, une fois, ils tapent dans le mille sabord !

Carole

Ma Chère Megalithe

Ma chère mégalithe
Prends bien soin de ma bite
Soigne sa sinusite
Et aussi sa vergite.

L'ordonnance est écrite
Ne sois donc pas presbyte,
Dans tes mains prends la vite,
En respectant le rite.

Betty

 

LITCHYBEUDITCH roule ses pelles

LITCHYBEUDITCH c'est elle qui pratique le TOBOZO avec un chiropracteur. Elle fait ses affaires. Si c'est pas malheureux d ' gouiner, d'échanger un peu d'air , d' goûter aux vendanges et boire ses vidanges. LITCHY JAUNY experte en chamoisines, pratique un chinois et parle patois, pas toi ? Pas toi. Et toi ? Moi, toi, soi, des seins sur soie
Attrape nigaud, sans arrêtes, sans arapètes, arête ! Y a pas d’arêtes qui tiennent, tâches ménagères, t'exagères ! Opiner du chef ou opichef du nez ? Sans opinion. Nos roustons, sans érections, ont la gastropose d'ANDROPOSE ; Les viciauses, les glandoses !

Betty

 

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A la manière de Brel

Seul à toi

De lèvre en lèvre
De corps en corps
De fièvre en fièvre
De corps à corps
Aimer!
L'amour s'en vient
L'amour s'en va
Tant mal que bien
De ci de là.
Vogue galère
De rire en pleur
Mât de misère
Et baume au cœur.

Passent les ans
Passe le charme…
Le cœur ballant
Oublie ses gammes.
Et l'on se lasse
On s'égotiste
Les élans passent
Et l'on s'autiste.

Mais d'aventure
Au coin d'une âme
La robe en bure
Se jette aux flammes.
Main dans la main
Et cœur à cœur,
Voilà demain,
Ma mie, ma sœur.

Shosha

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A la manière de Prévert


Pour faire le portrait du président

Peindre d'abord une France
Toutes portes closes
Peindre ensuite
Une armée de képis
Une poignée de micro
Des télés à gogo
Toutes choses indispensables
Pour ce président.
Placer ensuite la toile sur toutes les chaînes
Dans la première
La seconde
Publiques ou privées.
S'asseoir dans son salon
Sans rien dire
Sans bouger.
Illico il apparaît
A cent pour cent.
Aucune question ne lui résiste
Finance, sport, sécurité
Intérieur ou international
Dire
Dire n'importe quoi,

 

 

tirer la couverture à soi
Aucun événement n'est assez gros
pour flatter son ego
Bush, Blair ou Baroso
Johnny, Faudel, doc Gynéco.
Dès que le président arrive
Il est là chez lui.
Observer le plus profond silence
Attendre qu'il soit sur l'écran
Et, quand il est au centre de la cible
Fermer doucement la télé
Puis
Servez-vous une bière
En ayant soin d'être bien installé
Là, laissez-vous aller
A rêver d'une France
Ouverte, solidaire et multicolore
Liberté, égalité, fraternité !
Malheureusement vous venez
d'en prendre pour 5 ans
Et, vous maudissez les 53%
Qui vous ont infligé ce président.

Joe

Chez Boule avec Léon

J'ai eu pas mal d'expériences dans ma vie et dès l'âge de 54 ans, je me suis sentie décrépie. Quelques rides sur le visage, au coin de l'oeil, on distingue la ride du lion. La mémoire fiche le camp, on cherche les clefs et l'on revient plusieurs fois sur ses pas. C'est catastrophique de perdre la boule.
Et il a fallu porterd des lunettes pour voir de près. Pétard, oui, des lunettes pour faire la couture, d'autres pour regarder de loin !
La sagesse s'acquiert en grandissant et se perd en vieillissant.


Betty

 

Mon colocataire

Une tasse de café bleue
Un ciel de lit songeur
Un homme à plein temps
Ou d'une demi-heure
Et toi qui souris
Et moi qui prends peur
Je lui reprends les clefs
Je le jette à la rue
Il prend le bus
Il prend la mouche
Je prends ma douche

Carole et Claudette

 

Les activités de Concerthau

L’école des Mères

Cet atelier a deux ans. Il est propre, ne salit plus ses couches. Il peut aller à l'école.

Il n’est pas le seul à y aller, à l’école.

Une douzaine de mères ou grand-mères motivées, ponctuelles, assidues se réunissent devant le tableau blanc.

Pour rien au monde elles ne laisseraient leur place. Elles ont tout organisé : les enfants scolarisés sont à l'école, les plus jeunes sont conduits chez des personnes dignes de confiance, les conjoints ont donné leur assentiment, le marché, le ménage, le repas sont faits.

Elles ont, 12 heures par semaine, l'esprit disponible pour engranger des notions jusque là inconnues : lecture, écriture, calcul, grammaire, orthographe, vocabulaire, informatique, sans compter l'intérêt qu'elles manifestent pour les matières d'éveil.

Pourquoi autant d'implication, d’application ?
Pour combler un manque certes, mais surtout pour être en mesure de suivre de façon active la scolarité des enfants dont elles ont la charge.

Félicitations, Mesdames !


 

Misère Misère

Quand la misère chasse la pauvreté
" La propagation généralisée de la misère et de l'indigence est un scandale social évidemment inadmissible, surtout dans des sociétés parfaitement à même de l'éviter”, constate Majid Rahnema. “ Et la révolte viscérale qu'elle suscite en chacun de nous est tout à fait compréhensible et justifiée.
Mais ce n'est pas en augmentant la puissance de la machine à créer des biens et des produits matériels que ce scandale prendra fin, car la machine mise en action à cet effet est la même qui fabrique systématiquement la misère. Il s'agit aujourd'hui de chercher à comprendre les raisons multiples et profondes du scandale. C'est cette recherche qui m'amène aujourd'hui à montrer combien une transformation radicale de nos modes de vie, notamment une réinvention de " la pauvreté choisie ", est désormais devenue la condition, sine qua non, de toute lutte sérieuse contre les nouvelles formes de production de la misère. "
Majid Rahema : Diplomate et ancien ministre, a représenté l'Iran à l'ONU. Il se consacre depuis plus de 20 ans aux problèmes de la pauvreté. Le Canard conseille aux amateurs d'essais la lecture de son ouvrage :
Quand la misère chasse la pauvreté .


Didier est arrivé du Togo avec sa famille, il y a quelques années.
Après maintes et maintes péripéties, une assistante sociale leur a dégoté, ce que nous appelons " un taudis ",dans une maison de maître, au centre de Paris. "Chic !” me direz-vous.
Mais, déjà, l'immeuble est bien ébranlé. Didier et ses parents acceptent cette solution en attendant mieux. Malheureusement, ce provisoire durera des années Les conditions de vie se dégradent. Le loyer augmente à la cadence de la décrépitude. Le propriétaire refuse d'apporter des améliorations.
Manifestations solidaires autour de Didier et des siens pour le relogement.En vain ! Les responsables de l'administration font la sourde oreille jusqu'au moment où le feu se déclare en pleine nuit, surprenant la famille de Didier qui échappe de justesse au brasier, Dans l'immeuble, l'incendie fera de nombreuses victimes… !
L'enquête est ouverte… des suspects sont appréhendés, on construit une histoire à dormir debout pour calmer les esprits.
La vérité… le terrain très cher au centre de Paris ferait merveille pour de riches résidences.


Anne-Marie

Fait divers d'hiver

Denise, SDF, couchait dans la rue, sur un matelas de fortune : 70 000 euros
On a placé le magot, on a placé la Denise.
Celle qu'on appelait la Princesse s'est échappée de son asile.
Retournée au trottoir, elle dort désormais sur un carton.

Misère...

Ton nom nous fait peur,
dans notre bien-être quotidien, tu nous déranges, quand on te croise au coin d'une rue.
Notre orgueil nous dicte de ne pas fréquenter des personnes
qui ne peuvent nous apporter que problèmes
et rien qui ne peut flatter notre fierté.
Nous n'avons pas le temps de...
Misère, quand tu nous tiens,
tu nous tracasses,
tu nous tortures l'esprit,
où trouver le courage, l'espérance de résister à l'adversité ?
La misère rend fragile !

Patrick

Mistoufle

La misère est une tragédie ; quelle que soit sa forme, elle cravate toute envie d'essayer de vivre.
On a beau se lancer dans la bagarre, elle forme un écran entre soi et la vie, un bouchon rétif au déblayage.
Et souvent, la misère financière provoque les deux autres : il est dur d'être digne et réfléchi quand la cuillère reste vide et que la fourchette pique la porcelaine.

Quelquefois, on rencontre une mascotte… Et, le temps d'une rencontre, on reprend le goût de vivre. Et même, si l'on y prend garde, on devient fier comme un coq.
Mais bientôt la mascotte nous paraît transformée en vulgaire peluche et, lassée de nous, nous quitte pour un géant barbu.
C'est un arrêt de volée : on se retrouve face à soi-même, et s'il y a encore mêlée, on a repris le rôle du ballon, tandis que les autres rient, sous cape, ou même ouvertement.
Le cercle de nos relations s'amincit en un ovale de plus en plus plat et finit par disparaître, comme à l'horizon un ballon ayant rencontré une puissante chistera.


Shosha

Misère


À cause de toi, un jour de faim mon ventre s'est tordu de n'avoir rien à sa guise.
Quand sans pitié dans mon cœur, tu as mordu par surprise.
Tu as mis alors un grain de folie dans ma caboche.
Tu m'as rongé le foie et rendue moche.
Réduits en miettes menues, mes menus de midinette amère.
J'ai dansé de force devant le bahut,
Regardé valser les alouettes éphémères
Du temps que tu creusais mes assiettes un peu plus
Pourquoi me serres-tu ainsi la ceinture
Que veux-tu faire de moi. Miséricorde!
Que je me pende au bout de cette corde.


Claudette

Le Globe sur l'île

 

Le globe a pris cette année un coup de d’jeun’s, il a même été inauguré en fanfare, avec le ruban, les discours,
le buffet, les associations du quartier et les habitants.
En feuilletant l’album de photos, réalisé par Concerthau,
certains y sont allés de leurs commentaires.


Ce n'est pas le sud. Cela ressemble à Saint-Denis.
La place est faite pour les scooters, c'est un hall de gare.
Payer un architecte, faire des études pour ça,
c'est une catastrophe !

Farid

Elles sont propres, grises.
Elles sont alignées.
Sur chacune d’elles sont inscrits les numéros et le nom des locataires.
Elles attendent.
Elles attendent le facteur.
Portera-il une lettre de la poste, de la banque, d’un amoureux, d’E.D.F., d’un ami, de France Télécom ou de parents restés au pays ?

Ikram

C'est un bel espace entouré de bâtiments blancs et gris.
A chaque étage, du linge sèche sur les balcons.
Une route traverse le quartier et passe sous le bâtiment
qu'on appelle, le Globe.
Cette ville est très peuplée,
mais bizarrement on ne voit personne, pas même un chat.
Une moto et un camion semblent abandonnés.
Où sont leurs propriétaires ?

Sakina

 

 

Nous habitons un pays venté.
Il y a trop de courants d'air.
Il manque de la verdure.
Ce serait tellement bien d'avoir un peu de verdure.
Il y a trop de béton. Le béton, c'est vide. C'est vraiment trop bétonné !

C'est un bel espace entouré de bâtiments blancs et gris.
A chaque étage, du linge sèche sur les balcons.
Une route traverse le quartier et passe sous le bâtiment
qu'on appelle, le Globe.
Cette ville est très peuplée,
mais bizarrement on ne voit personne, pas même un chat.
Une moto et un camion semblent abandonnés.
Où sont leurs propriétaires ?


Sakina

 

Je trouve que c’est beau et qu’ils ont bien travaillé !
Les arbres peuvent désormais jouer aux dames.

Des oiseaux !
Symboles de vie,
symboles d'espoir.
Régine

C'est un bordel.
Cela ne ressemble à rien.
Ce n'est pas beau.
Cela paraît vieux.
C'est sale, dégradé,
tout est à refaire et les pigeons salissent tout.

Kamal

Partenaires

F.L.R

Investie depuis près de 30 ans, dans le soutien et l'accompagnement des familles et des femmes, l'association F.L.R. s'est ouverte, au fil des années, à un public élargi. Aujourd'hui l’association est engagée dans une nouvelle action sur l'île de Thau : la médiation éducative
Ses objectifs :
Médiation entre l'école et les familles
Prévention et appui aux familles rencontrant des difficultés intergénérationnelles
Sensibilisation à une scolarité réussie
Mobilisation d'un réseau de professionnels (droit, santé, social)

 

 

F.L.R. propose

un relais entre enseignants et familles pour assurer la compréhension des informations autour des animations et des rencontres collectives,
un espace de convivialité et d'animation (sorties, échanges, rencontres…)


Contact :
F.L.R. M'Barka Peter
Le Sardinal - Ile de Thau
06 98 52 02 20
femmes.languedoc-rou@tele2.fr