LE JOURNAL - LE CANARD AGITE


Le Canard Agité est une revue éditée et mise en ligne par l’association Concerthau

Le Canard Agité N°7 - Avril 2008

Sommaire

Partenaires

Les activités de Concerthau

Adèle

Rose

A la Manière de ...
Adèle et Rose

Liberté - Liberté

Soirée Russe

Divers Cité


Rédactrices en chef : Carole, Joe
Maquettiste : Laurent
Dessins : Alain Zarouati
Secrétaires : Betty, Shosha
Journalistes : Betty, Carole, Joe, Danièle, Claudette, Marie, Monique, Dominique, Shosha, Anne-Marie, Ikram, Kamal, Sakina, Farid, Ginou, Joe

 


 

 

 

 

 

 

Editorial

" Pour aimer les hommes, il faut détester fortement ce qui les opprime.”
Jean Paul Sartre

Souvent on me demande : - Mais vous faites quoi à Concerthau ?
Je réponds : De la culture et de la formation pour favoriser l'insertion sociale de publics parfois en difficultés.
On pourrait dire aussi que l'on fait de la formation par la culture ou de la culture pour la formation ou de la culture éducative…
En fait, il est impossible de séparer la culture, la formation et le social.
Il faudrait inventer un nouveau mot.
Appel à concours ?*
En attendant, vous avez compris que je déteste fortement la bêtise,
l'ignorance et l'exclusion sociale.

André
Président de l'association Concerthau

* Le canard a déjà cogité dans sa mare et propose : ForSoCul

 

 

 

 

 

 

 


Partenaires

Centre Social Nicolas Gabino

Le Centre Social Nicolas Gabino, dirigé par Julie Vivant, est une structure municipale de la ville de Sète. Implanté au cœur du quartier de l'Ile de Thau, il est un lieu d'écoute, d'accueil, d'échanges, de solidarité et d'animation visant à réduire les inégalités et renforcer le lien social.
Le Centre Social pilote également une plate-forme des associations où se rencontrent : Concerthau, Léo Lagrange, F.L.R., NOUAS, le Secours Catholique… lors de l'organisation d'évènements culturels, de débats thématiques ou d'animations du quartier.

Contact : Centre Social Nicolas Gabino - île de Thau
Tél : 04 67 74 06 24
Fax : 01 46 52 85 83
email : centresocialgabino@ville-sete.fr


Mots de Passe

Mots de passe est un projet de lecture à voix haute et d'écriture à destination de personnes âgées de 60 ans et plus. Prévenir ou rompre l'isolement, donner une autre image de la vieillesse, mettre en lumière des compétences intellectuelles, voila quelques objectifs de cette action qui démarre le premier avril 2008.

La notion de plaisir sera de mise : plaisir de réveiller son vécu, plaisir de s'ancrer dans l'époque présente et plaisir de laisser libre cours à son imaginaire.

- Ateliers à domicile : Après une période de mise en confiance, nous amènerons les bénéficiaires à ouvrir leur porte, soit pour accueillir leurs relations (voisin, ami, parent) soit pour aller à la rencontre d'autres participants afin de partager les moments privilégiés d'écoute et de parole.

- Ateliers collectifs : Nous favoriserons ainsi la rencontre de personnes ayant le même goût pour les lettres et proposerons un élargissement intergénérationnel et interculturel.
Des recueils individuels et/ou collectifs seront réalisés ainsi que des lectures publiques.


Cette action concerne l'agglomération du bassin de Thau.

Réveiller son passé
Se raconter des histoires
Etre dans le présent
Se projeter
Jouer avec les mots
Secouer la naphtaline
Rompre l'isolement
Sortir de sa bulle
Laisser une trace
Ouvrir des portes
Naviguer entre réalité et fiction
Faire sauter les frontières
Réveiller son désir
Rencontrer les autres
Prendre du plaisir

Côtoyer les auteurs
Oxygéner ses neurones
Etre dans l'action
Partager le plaisir d'être ensemble
Rencontrer d'autres cultures
Eveiller son avenir
Donner libre cours à l'imaginaire
Prendre la plume
Laisser des traces
Ouvrir des portes
Investir d'autres lieux
Participer à des sorties culturelles
Donner des lectures publiques
Rencontrer d'autres générations
Produire des livres...

Confidentialité préservée
Parole respectée
Difficultés prises en compte.

- Pour les personnes âgées de 60 ans et plus.

- Tarifs selon les revenus.

Contacts de 9h00 à 17h00 :
Concerthau 04 67 46 13 40

 


Adèle

A 5 ans et demi j'ai dû quitter l'Italie et je lisais déjà dans le regard des grands et j’avais comme des pressentiments.

A 12 ans j'ai mis le voile pour faire ma communion solennelle pour le bonheur de mes parents.

A 18 ans le premier chagrin d'amour et ça fait mal !

A 22 ans je me suis mariée pour le plaisir et fonder ainsi une famille.

A 40 ans j'ai lu autre chose que des romans d'amour.

A la cinquantaine, j'ai paniqué et fui comme la peste ce demi-siècle d'âge.

A 60 ans " Aller et Retour ", mon autobiographie, m'a en quelque sorte valu une certaine reconnaissance.

Les mots jetés sur la page blanche donnaient une tonalité bizarre avec des émotions se trouvant en harmonie avec mes états d'âme, avec ma vie, tout court !

Aujourd'hui avec quelques années de plus, devant vous je me retrouve un peu plus sereine.
Je croyais que la vie allait s'arrêter. La poésie m'a aidée à vaincre mes peurs.

Liberté !
Ô Liberté !
Ce besoin de vivre
A côté
Pas conforme aux exigences
A l'idée
Que l'on se fait
A cette touche
D'absence
N'allant pas de soi
Crise d'adolescence
A tout âge renouvelée.
Dans ce monde attardé
J'aime à tout instant
Y fouiller l'émoi
A la question sage
Je ne puis que répondre
Suis-je libre seulement ?
A chaque fois ô liberté
T'accueillir comme
Une illusion retrouvée
Sans paillettes ni fard…

Rose

Née à Montpellier (1948), je vis à Sète, depuis quarante ans.
Mariée avec Jacques, trois enfants et quatre petits-enfants.
Laborantine, puis journaliste à La Marseillaise et à l'Hérault du Jour.
J'ai (re) trouvé la langue des trobaïritz et des ouvrier(e)s agricoles. J'aurais pu choisir de retrouver celle de ma mère, le Catalan de Barcelone, ces deux langues sont sœurs. J'effectue des recherches universitaires en domaine occitan.

Quand on veut écrire, il faut lire, en particulier, les grands poètes et aller à la rencontre des autres, ce que m'a offert mon militantisme communiste et féministe.

Je n'aime pas trop les règles, je suis plus adepte du vers libre, un de mes poètes préférés est Robert Desnos, sujet d'une de mes conférences.

J'ai participé aux actions et recueils du Club G. Brassens et de Concerthau. Ceci dit, les contraintes, imposées et acceptées volontairement, lors des ateliers d'écriture de Concerthau, m'ont permis d'écrire des textes, hors de mes propres sentiers d'écriture. Ces ateliers m'ont apporté aussi le va et vient nécessaire entre la solitude de l'écriture et la chaleur, la découverte et l'émulation du collectif !

Rose BLIN-MIOCH

Publiés dans l'hebdomadaire Révolution :
"89 Poètes pour 89" Paris-Révolution,
"Un poème pour la paix" (2000).
A compte d'auteur j'ai publié : Chemins (1986) Terres d'Oc
et Actualités (1992) et Encres Violettes. Illustrations Christiane Roques (2004)

 

A la manière d'Adèle et de Rose

On fait souvent des rencontres au tournant d’une page : un poète, une écriture, un univers...
Et elles nous donnent envie d’aller au-delà de la lecture, au-delà de l’analyse, alors on prend la plume et on s’essaie sans cesse, histoire d’apprendre, de s’approcher, de faire comme...

Coup de soleil
Le soleil illumine
Des champs que l'on dirait
Dorés par un peintre
Sur une toile composée
De pétales de fleurs
De champs et de forêts

Le soleil se reflète
Sur cette mer miroir
Où danse ballerine
La beauté irisée de perles éclatées
Éclaboussant comme rosée
Les amoureux enlacés

Le soleil disparaît
Apportant le mystère
D'une nuit aux mille étoiles
Clins d'yeux pleurant
Lumières illuminant
La splendeur de la Terre

Isabelle

Elle tourne la terre…
Elle tourne la Terre
Ballerine
Faisant les pointes
Piétine
Cette sphère
Insaisissable plainte
Craquement animal
Telle une complainte
J'ai le sentiment
Que le Monde
Est une toile
Vivante aux facettes
A portée de la main
A explorer à chaque
Clair de Lune
Dont l'heureux Pierrot
Y cherche encore
Sa plume
Pour y dessiner ses toiles
Sur fond de firmament
A sa princesse Brune
L'espace d'une rencontre
Sous la Lune
Exactement…

Adèle

Lever de lune
Bleue est la mer
Au loin des lueurs
Discrète la lune se lève
La clarté s'agrandit
L'horizon est tout noir
La lumière s'approche
Tout un monde retrouvé
Des vagues se meurent
Sur les rochers
La lune-chef d'orchestre
Mène leurs complaintes
Sans voix je regarde
Des bras de lumière
Qui caressent la lune
Il me manque une brune
Cherchant des éclats
Dans cette lueur

Léon

Complainte nocturne
Seule
au clair de lune
de mes yeux
jaillit une larme
Nostalgique
j'invoque ton souvenir

Complainte nocturne
ou serait-ce peut-être
une prière
je lève les yeux au ciel
incrusté de points d'or lumineux
et que vois-je
une étoile filante

Je fais un vœu
pour que
demain
tu me reviennes.

zine

Illusions
Illusion est
Cet horizon d'eau
Où vogue l'assurance
Illusion
Le bateau
Fendant silencieux
Le cœur des hommes
Regard lointain
Pas pressé d'arriver.
Car si la mer
N'est à personne
La Terre elle
N'est que frontière des hommes
Faite de cette matière
Barbelé silex et rage
Dents de loups appointées
Etrange étranger
Ce sentiment d'être
Lorsque dans les yeux
C'est l'Autre
L'Etranger…

Adèle

Hiver 2008
Vivre dans un pays libre
Où l'on ne serait pas pris pour cible
Apprendre de bonnes nouvelles
Qui nous donnent des ailes
Pour commencer la journée

Mais toujours la même histoire
On va de permanences
En queues d'attente

Parler des sans papiers
Mais qu'est-ce que c'est
Ces papiers
Des numéros pour exister

Nadine

 

Tu le piques et tu le poses
A chaque aiguille cassée
Tu as appris le métier
Penchée sur ta machine
La tête prête à exploser.
Le dos qui compte tes côtes
Et les poches qui défilent
Tu as appris à compter
Les pièces sur ton métier
La chaise trop basse
La paye trop plate
Tu appuies sur la pédale
Le moteur tourne en rafale
Tu prends le tissu
Tu le piques
Et tu le poses
Les petits sont partis à l'école
Tu le piques et tu le poses
L'Aîné était enrhumé
Tu prends le tissu
Tu le piques et tu le poses [...]
Tu prends le tissu
Kaki des vêtements militaires
Tu le piques et tu le poses
Dehors il fait bleu
Les volets ne sont pas tirés
Il n'y a pas de fenêtres
Tu le piques et tu le poses



Faire les courses
Acheter de l'eau
La moiteur colle à ta peau.
Tu le prends
Tu le piques et tu le poses
Le prince charmant
Ne met pas de gants
Tu le prends
Tu le piques et tu le poses
Il n'est pas fait pour te sortir de là
Tu prends le tissu
Tu le piques et tu le poses
La chaîne n'est pas longue
Mais avec tes doigts
Tu pourrais bien te sortir de là
Ta voisine rêve à une autre vie
Et tu crois bien que tes enfants aussi
Tu prends le tissu
Tu le piques et tu le poses
La robe est jolie
Blanche comme la colombe
Bleue comme la liberté
Tu prends le tissu
Tu le piques et tu... t'envoles...

Rose BLIN-MIOCH
Pour les ouvrières de l'usine d'habillement Boyé
du quai de Bosc Fermée en 1990

 

Liberté - Liberté

 

Liberté est le premier mot de la devise républicaine. La Déclaration des droits de l'homme de 1793 la définit ainsi :
" La liberté est le pouvoir qui appartient à l'homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d'autrui ;
elle a pour principe la nature ; pour règle la justice ; pour sauvegarde la loi ; sa limite morale est dans cette maxime :
Ne fais pas à un autre ce que tu ne veux pas qu'il te soit fait. ". " Vivre libre ou mourir "
fut une grande devise républicaine.
" Liberté, un mot généreux hérité de la Révolution Française peu à peu vidé de son sens, travesti :
la liberté s'appelle dorénavant libéralisme : c'est la situation du renard libre et des poules libres
dans le même poulailler nommé lui aussi poulailler libre. "
Yves Béal - Groupe Français d'Education Nouvelle Rhône Alpes


Un mot, seulement, le mot Liberté, si je commence à réfléchir à ce que tu veux dire, j'ai comme une angoisse qui monte et m'étrangle. Liberté, où es-tu ? Chez le loustic qui joue avec sa vie ? Ou chez le lubrique qui joue avec celle des autres, jeunes et jolies de préférence ? Liberté, que fais-tu ? On est des millions à l'attendre, cette libération des esprits. Liberté, pourquoi en ton nom ce vallon accueillant où je cogite, est-il devenu la démo d'une biosphère décrépite ? Liberté, dis-moi comment nous libérer et fonder les bases de la vraie seule et unique refondation : être libre !

Shosha

Liberté d'expression


Dans notre pays règne la liberté d'expression. C'est cette liberté d'expression qui me permet de qualifier un président de mégalomane sans me retrouver la tête sous l'eau dans une obscure cave d'un non moins obscur bâtiment officiel d'une quelconque police politique. Toutefois, toute liberté à ses limites. En effet, la liberté d'expression n'est pas le droit de dire tout ce qui nous passe par la tête.
Peut-on laisser dire, au nom d'une liberté d'expression absolue : " Vive le nazisme ! La Shoah, c'est du bidon! " ? Evidemment non !
Le nazisme est une idéologie fondée sur la supériorité d'une race sur toutes les autres, sur l'obéissance aveugle et irréfléchie aux ordres des supérieurs hiérarchiques et sur une volonté d'expansion territoriale très agressive.
Dire "Vive le nazisme !", c'est cautionner des abominations, notamment l'extermination pure et simple d'êtres humains non pas pour ce qu'ils avaient fait mais pour ce qu'ils étaient (juifs, homosexuels, communistes, tziganes, slaves...) et donc inciter des personnes à reproduire les mêmes actes.
La liberté d'expression ne peut donc être absolue : le respect de la dignité morale et de l'intégrité physique ne doivent pas céder le pas devant une liberté, quelle qu'elle soit.

Cannelle


“Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le faire.” Voltaire

Liberté, que ton nom est doux !

Mes amis disent que “la liberté des uns commence là où finit celle des autres,” moi je dis qu'ils n'ont pas tort. Tenez par exemple, il n'y a qu'à faire un tour dans un café ou une brasserie, là où il est interdit de fumer, pour constater qu'enfin on peut respirer, être en paix avec son corps. Et oui ! Le malheur des uns fait le bonheur des autres, me diriez-vous.

Liberté, que ton nom est doux ! Mais tu peux te révéler cruelle quand des gens, parfois, oublient qu'il est bien préférable de te déguster avec modération. Et là, tu dévoiles le monstre qui sommeille en nous.

Sous prétexte qu'on manque d'imagination ou qu'on plaint une inspiration absente et qu’ on pleure sa muse, tu nous consoles et brises nos chaînes, et c'est l'anarchie complète. On va jusqu'à dépasser ses propres limites, voire enfreindre la morale, et là on se perd dans un tourbillon de désordre.

On traîne ton doux nom dans la boue.

Zineb

Ritournelles

Toujours la même chanson. Comme une ritournelle qui revient chaque jour. Chaque heure, chaque demi-heure, voire chaque quart d'heure. Les infos.
L'on veut que mon cerveau capte tout ce qui va être dit, qu'il l'enregistre jusqu'à en faire éclater ma tête. Mais m'informer de quoi ? De la mort, de la misère. Comment ? En développant ces sujets grâce à des intervenants qui me disent de quelle manière interpréter ces nouvelles. On veut que mes neurones deviennent des bulles sorties d'une bouteille qu'on appelle radio.
A la fin du flash, le réveil est douloureux. J'avale une aspirine pour essayer d'évacuer tout ce que l'on m'a mis en tête. Mon cerveau lutte mais enfin je retrouve ma liberté de penser.

Isabelle

 

Le petit oiseau va sortir

Il était une fois un oiseau prisonnier d'une cage. Toute la journée, il regardait derrière le carreau voler des animaux parmi les nuages.
Il leur disait :
-Eh petit papillon, emmène-moi avec toi.
-S'il te plaît, petite coccinelle, sauve-moi.
-Ohé ! Les oies sauvages où allez-vous ? Je veux venir avec vous.
Mais ni les papillons, ni les coccinelles, ni les oies sauvages ne l'entendaient. La femme qui le tenait captif ne voulait même pas ouvrir la fenêtre.
Un jour, une petite fille entra et elle prit le petit oiseau dans ses mains et l'emporta dans son beau jardin :
-Petit oiseau, dit-elle, en écartant ses doigts. Tu peux partir, tu es libre !
En chantant, l'oiseau s'envola vers les nuages.

Rania

Soirée Russe

Depuis Alexandre Pouchkine (1799 - 1837), réputé pour avoir fixé la langue russe quasiment dans sa forme actuelle,
la poésie russe a connu un grand succès tant en Russie que dans le reste de l'Europe occidentale.
Mais contrairement à la France où les ventes de recueils poétiques n'ont jamais été aussi basses et où un poète contemporain a d'énormes difficultés à se faire éditer, les Russes continuent à lire, eux, beaucoup de poésie.
Les auteurs classiques sont bien sûr réédités régulièrement et dévorés avidement, et même la poésie contemporaine connaît actuellement un succès non négligeable. Il n'est pas rare de voir en librairie un rayon 'poésie' de la taille du rayon 'policiers' ou presque.
Cet aspect culturel s'explique peut-être par la richesse du patrimoine poétique russe qui croît chaque année...

Elena SCHWARZ

Elena Schwartz appartient à la nouvelle vague poétique qui surgit dans les années 1970 et au début des années 1980, et survit en Samizdat (système clandestin de circulation d'écrits dissidents qui s'auto-éditent). Comme ses contemporains, Elena Schwarz a délibérément choisi le refus, au début des années 1970. Cette génération d'après guerre, ou dans l'immédiat avant guerre, essaye de briser les interdits.
On pourrait caractériser sa poésie de visionnaire, fantastique et existentielle, voire mythologique.
Il y pullule des créatures composites, réelles,
imaginaires, mortes ou vivantes, hommes, bêtes, issus de légendes, des livres sacrés de l'humanité ou de l'existence quotidienne.
Sa pluralité de tons, de rythmes, de sentiments, donne au poème un souffle d'une étonnante énergie et inventivité.

 

Coucher de soleil aux verts galants
Un oiseau a chanté.
Comme si trois fois on avait
Tourné la clé.
Et le Soleil a expiré et inspiré
Son dernier rayon.

L'oiseau s'est tu,
Comme si on avait de l'aviron brisé
Tourné le tolet.
C'était aux Verts Galants, le soleil se couchait,
Là où lentement brûla Jacques de Molay.*

Le Soleil va sombrer dans la Seine,
C'est certain : je n'ai pas dit " Arrête ! "
Je n'ai pas demandé. Mais tout à coup j'étais
Huître vivante, et vide citronneux.

Elena SCHWARZ
*Grand maître des Templiers, arrêté
le 13 octobre 1307, est mis sur le bûcher

 

des représentantes de l’association russofil de Sète, ont dit des poèmes et ont chanté dans leur langue natale.

Association russofil de Sète
Elina Pacotte - 04 67 51 37 76
elinapacotte@yahoo.fr

 

 

Nous habitons un pays venté.
Il y a trop de courants d'air.
Il manque de la verdure.
Ce serait tellement bien d'avoir un peu de verdure.
Il y a trop de béton. Le béton, c'est vide. C'est vraiment trop bétonné !

C'est un bel espace entouré de bâtiments blancs et gris.
A chaque étage, du linge sèche sur les balcons.
Une route traverse le quartier et passe sous le bâtiment
qu'on appelle, le Globe.
Cette ville est très peuplée,
mais bizarrement on ne voit personne, pas même un chat.
Une moto et un camion semblent abandonnés.
Où sont leurs propriétaires ?


Sakina

 

Une petite chanson populaire pour vanter les charmes enivrants de l'alcool de groseille

Adèle

Au jeu de la roulette Russe, on a remplacé les balles par des mots...

Le roublard

Le tzar Poutine, repu de caviar et de blinis, de bortsch et de malossol, se tourna vers l'Oural distant de quelques dizaines de verstes, et rota. Il avait toutes les raisons d'être satisfait; du pôle à l'Iran, aucune nation occidentale ne se mettait en travers de sa route. Il sourit ; on aurait pu se croire revenu au bon temps du bolchevisme : les prisons valaient bien les goulags, les oukases n'engendraient que peu de protestation ; les pogroms en Tchétchénie étaient approuvés par les babouchka ; les moujiks craignaient de nouveau le knout, la tzarine le vénérait tel une icône.
La perestroïka et la glasnost n'avaient été qu'une parenthèse. En regagnant sa datcha, il retira sa chapka en zibeline, se servit une vodka, et s'assit devant la cheminée, caressant distraitement les barzoïs allongés face au feu, en reprenant ses réflexions. Il allait conserver le pouvoir ; personne en Russie n'oserait parier un kopeck sur son départ des responsabilités politiques du pays : les grands combinats le souhaitaient, l'intelligentsia ne pouvait plus exprimer son opinion sur la question, l'occident ne comptait pas, et la Chine était trop occupée à coasser dans sa croissance : le futur était radieux, comme on disait à la grande époque, la kalachnikov à l'épaule. Bientôt, on reverrait le temps des kolkhozes, il se l'était juré. Ce soir, son ami le président de France serait là. Il l'étourdirait de balalaïka, de tchaï, de samovar brûlant ; il l'emmènerait longer la Volga dans sa troïka lancée au grand galop; ils feraient une halte dans sa petite isba où il l'abreuverait des grands succès soviétiques : spoutnick, mir, Laïka, Gagarine… Et demain, le grand spectacle des cosaques, en présence des boyards et des koulaks locaux. Ensuite seulement, on parlerait politique. Ah! Il le sentait à sa botte, le tzar Cosy.

Shosha

Nicolas

Le goulag, ça ne m'inspire pas, Nicolas
Travaillez plus pour gagner quoi, Nicolas
Dans la Pravda, il n'y a plus que toi, Nicolas
Tu te prends pour quoi, le tzar-kosy, Nicolas
Le petit père des peuples, chapka, troïka
Tout le tralala. Prends garde à toi, Nicolas
T'es qu'un Ras-Poutine de toundra
Un petit koulak de Doudinka
Largué par sa Petrouchka
Sur les bords de la Volga.

Te voilà seul dans ta datcha, Nicolas
Pas pour longtemps y a Carlita.
Dans votre Kremlin ce sera le kolkhoze
De deux ambitieux de qui l'on cause
À tout propos et en toute chose.
Prends garde à toi, Nicolas
Tes oukases ne valent pas un kopek
Ni tes rodomontades, ni tes salamalecs
Arrête-toi. Nicolas !
Sinon, c'est fini pour toi
Tu seras juste bon à garder les oies.

JOE

Divers Cité

Rencontre Méditerranéennes

Les Rencontres Méditerranéennes, c'est, à l'initiative du Conseil Général 34, le plaisir de voir mis en scène le dialogue et la diversité des cultures de la Méditerrannée, à travers un festival qui se tient en avril depuis plus de 20 ans dans l'Hérault. Mais c'est aussi de nombreux ateliers proposés au public héraultais tout au long de l'année dans cette même démarche d'échanges, rencontres, partages...
entre habitants de toutes origines, entre individus créatifs, solidaires.

L'événement du mois d'avril sera d'importance, mais la préparation ne le fut pas moins :
Sur l'île de Thau, des ateliers de danse et caligraphie, photo, théâtre et musique ont été proposés aux enfants, adolescents, adultes fréquentant les différentes structures du quartier.

C'est dans ce cadre que le danseur marseillais, Samir El Yamni, a tenu résidence dans notre département du 26 novembre au 7 décembre 2007 pour animer des ateliers sur la thématique : " danse-calligraphie ". Les Concerthistes ont été conviés à une matinée en présence du calligraphe Abd el Malik Nounouhi qui a su nous transmettre toute l'émotion régnant dans le souffle, le geste, la trace des mots et toute l'énergie créatrice présente dans le maniement, la danse du calame, ce bout de roseau taillé pour écrire. Forts de cette inspiration en mouvement, nous avons ensuite pendant une journée et demie, dénoué nos corps, respiré par chacun de nos muscles, évolué dans l'espace, abandonné pour un instant nos soucis quotidiens grâce aux exercices de détente et danse contemporaine proposés.

La cerise sur le gâteau, le petit bonheur suprême fût de partir tous ensemble à Montpellier, le samedi 8 décembre assister au spectacle de danse de Samir, intitulé " Signe ", magnifique spectacle mêlant danse et calligraphie. Merci Samir !

Laura

Site de la compagnie de Samir El Yamni
http://www.compagnie-elyamni.com

Quelques Témoignages

Je me suis sentie à l'aise lorsque Samir nous a fait tourner en fermant les yeux. Mon corps était détendu et j'ai ressenti un bien-être dans tout le corps. Cela m'a fait du bien, m'a soulagé de mes soucis. A ce moment là, je ne pensais plus à rien. Yamina

C'était très sympa de la part de Samir de nous montrer et de nous expliquer comment on bouge son corps en danse contemporaine. Le lendemain, j'étais bien. Cette rencontre et ce travail ont été un nouveau départ pour moi qui reste trop souvent à la maison. Yamina

J'aime la musique. On ferme les yeux, on tourne en rond, on écrit les noms les yeux fermés, tout le monde a dansé, dos contre dos, on s'est étire les bras en l'air. Le spectacle était formidable, il avait l'air de plonger dans la mer. On était tous contents. Moni

C'était très très bien. J'aimais bien la danse. Mais j'ai gardé mon manteau toute la journée et j'ai eu très chaud. La fois suivante je l'ai enlevé et c'était mieux. Ikram

Je me suis sentie à l'aise lorsque Samir nous a fait tourner en fermant les yeux. Mon corps était détendu et j'ai ressenti un bien-être dans tout le corps. Cela m'a fait du bien, m'a soulagé de mes soucis. A ce moment là, je ne pensais plus à rien. Yamina

C'était très sympa de la part de Samir de nous montrer et de nous expliquer comment on bouge son corps en danse contemporaine. Le lendemain, j'étais bien. Cette rencontre et ce travail ont été un nouveau départ pour moi qui reste trop souvent à la maison. Yamina

J'aime la musique. On ferme les yeux, on tourne en rond, on écrit les noms les yeux fermés, tout le monde a dansé, dos contre dos, on s'est étire les bras en l'air. Le spectacle était formidable, il avait l'air de plonger dans la mer. On était tous contents. Moni

C'était très très bien. J'aimais bien la danse. Mais j'ai gardé mon manteau toute la journée et j'ai eu très chaud. La fois suivante je l'ai enlevé et c'était mieux. Ikram

Site de Abd el Malik Nounouhi
http://kalimalik.free.fr

La calligraphie m'attire. J'ai découvert pour la première fois cet art, j'aimerais avoir la possibilité d'effectuer un stage, car c'est une discipline qui m'intéresse. Béatrice

Comme la calligraphie, la danse va être partie intégrante du monde où nous prenons conscience que chacun est un maillon de " la chaîne humaine ". Beau message moderne d'amour. Régine

Pour moi, la danse était parfois un peu répétitive, mais néanmoins je pense que l'interprétation de cet homme est très puissante et exprime parfaitement le flot du texte qui se déroule en fond de scène. Georges

Souriez

Dans le cadre des rencontres méditerranéennes, nous avons au nom de Concerhau et avec l'association FLR (femmes du Languedoc-Roussillon), participé aux ateliers photos, dirigés par Gilles et Valérie de l'association CétaVoir. Le but était de prendre en images et, sous toutes les coutures, le port de Sète, et pour Gilles, de fixer le portrait de chaque participante.

 


Première séquence :nous nous tirons le portrait entre nous. Instants de pudeur...

Deuxième séquence : nous nous familiarisons avec la technique. Nous découvrons ou
re-découvrons combien la lumière de l'île de Thau est généreuse. Moments de grâce.

Troisième séquence : les prises de vue s'enchaînent, en demi-groupes, puis seules, nous guettons, au gré du port, ou de la Pointe Courte, des hommes au travail, la photo unique qui fera de nous, le reporter de l'année.

Quatrième séquence : Gilles nous joue le tour du petit oiseau... et nous voilà dans la boîte, qui avec un maquereau, qui avec le brochet... re-pudeur.


Cinquième séquence : projection privée de nos images glanées, et choix des images retenues. Dommage, j'aurais préféré celle où... Trop tard.
Nos visages et sourires, associés aux clichés de la ville, seront affichés à l'occasion de l'exposition finale, sur Sète le 5 avril... Surprise.
J'ai éprouvé, au fil de l'aventure, un regain de liberté, le plaisir de faire ensemble, et de mettre en positif les négatifs du quotidien.

Ginou